Par arrêt rendu le 14 décembre dernier, la chambre sociale
de la Cour de cassation vient de se prononcer sur le problème
des conséquences tarifaires du dépassement de capacité
des structures d'anesthésie ou de chirurgie ambulatoires des
établissements de santé privés conventionnés.
La Cour de cassation a estimé qu'une caisse régionale
de l'assurance maladie qui avait notifié à un établissement
de santé privé en situation de suroccupation, une demande
de répétition d'indus correspondant au dépassement
de capacité de sa structure d'anesthésie ou de chirurgie
ambulatoire ne justifiait d'aucun préjudice dès l'instant
que la cour d'appel avait estimé" que les actes chirurgicaux
et d'anesthésie pratiqués dans la structure ambulatoire,
sur des assurés admis en surnombre, auraient dû être
pris en charge à un autre titre par le régime de l'assurance
maladie".
Ce faisant, la Haute juridiction a implicitement admis la possibilité
pour les établissements de santé privés de compenser
des dépassements d'activité de chirurgie ambulatoire
par l'accueil de patients dans des services de chirurgie en hospitalisation
complète en sous-activité.
Mais surtout, il a été fait référence
à une notion globale de nécessaire prise en charge des
assurés sociaux par l'assurance maladie qui justifie des dépassements
d'activité dans le cadre d'une discipline et ce, alors même
que l'établissement ne respecte ni l'arrêté définissant
la capacité de la structure, ni la convention conclue pour
sa prise en charge.
En
conclusion, le caractère justifié de l'acte chirurgical,
et partant sa prise en charge par l'assurance maladie, permet, en
certaines circonstances, aux établissements de santé
privés de justifier des dépassements d'activité.
La portée de cet arrêt est considérable dans la
mesure où la solution retenue ne manquera pas d'être
invoquée par les nombreux établissements de santé
privés en situation de dépassement de capacité
de leur structure d'anesthésie ou de chirurgie ambulatoire.